Vos collègues vous considèrent comme l’expert à Miami du pansement, le virtuose du scalpel, le jack l’éventreur de la fibrine, le Sherlock Holmes du diagnostic infirmier ? Pourtant c’est ballot, pour transmettre vos trouvailles à l’écrit, vous êtes ennuyeux comme un film norvégien.

les médecins sont des humains comme les autres…. Il faut les interpeller pour les intéresser. Et à priori jusqu’à maintenant, vos écrits ne les intéressent que très peu. Mais ça va changer, et je vais vous montrer comment faire.

L’avenant 6 : On va pas s’en priver!

Depuis l’année dernière nos syndicats ont négocié avec l’assurance maladie pour faire avancer encore d’un cran ces compétences et la reconnaissance de notre profession. De cette négociation est né l’avenant 6 à la convention nationale, qui a entrainé quelques changements des pratiques professionnels infirmières étalés sur 3 ans.

Dans cet avenant 6, on retrouve un outil particulièrement intéressant pour nous : le Bilan initial de plaie, valorisé AMI 11. A l’exemple de nos confrères Kinésithérapeutes ou orthophonistes et leurs bilans, nous touchons du doigt la reconnaissance de nos compétences. En effet, le soin de plaie, est le seul soin où nous avons le rôle propre, le droit de prescription, et l’expertise. Un trio indispensable pour rouler sur la route de l’autonomie ! Mais autonomie ne veut pas dire travailler seul, puisque notre stratégie thérapeutique va comprendre plusieurs acteurs de santé à qui il faudra donner des explications. L’AMI 11 nous permet de faire un compte rendu dès la prise en charge de notre patient, Il y a de nombreux intérêts à le rédiger :

  1. Coordonner les soins et se positionner comme un maillon essentiel de la prise en charge
  2. Avoir une vision globale du patient porteur de plaies
  3. Trouver la meilleure stratégie thérapeutique
  4. Accélérer le processus de guérison
  5. Améliorer la qualité de la prise en charge globale
  6. Acquérir une reconnaissance auprès du patient et des autres professionnels de santé

Sur la piste du Bilan Initial de plaie AMI11 

La source est dans le texte et donne une vision d’ensemble du cadre légal :

Bilan de première prise en charge d’une plaie nécessitant un pansement lourd et complexe : AMI 11

Par dérogation à l’article 5 des Dispositions générales, la prescription médicale des pansements de plaies comprend aussi la réalisation du bilan dans les conditions citées ci-dessous : vous n’avez pas besoin de prescription spécifique pour le bilan, la prescription de réalisation du pansement suffit.

Une séance au plus peut être facturée annuellement

Un nouveau bilan pourrait être réalisé en cas de récidive de la plaie après 2 mois d’interruption.

Il concerne UNIQUEMENT les pansements complexes dont vous avez la liste ci-dessous :

Le bilan ne comprends pas les pansements de l’article 5bis : prise en charge à domicile d’un patient insulinotraité, donc pour le mal perforant plantaire par exemple, le bilan n’est pas valorisé AMI 11, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas le faire pour arriver à ses fins.

Pas d'AMI 11 au cabinet 

Ce bilan comprend

•L’évaluation de la situation du patient

•L’établissement d’une fiche descriptive de la plaie

•L’élaboration d’un projet de soins

•La réalisation du pansement

Mais ça ne suffit pas pour un bilan plaie captivant

Vous l’avez compris pour être valide, ce bilan plaie doit comporter plusieurs éléments essentiels, contenir du vocabulaire professionnel, et avoir une progression logique et fluide afin de susciter l’intérêt du destinataire et appuyer votre crédibilité. Evitez l’écueil qui consiste à sauter sur le lit de la plaie, (même s’il est « accueil moelleux, soutien ferme ») Ajoutez une vision d’ensemble à 360°.

Pour cela j’utilise la fameuse méthode TIME qui a largement fait ses preuves dans le monde entier pour l’évaluation globale et l’évaluation de la plaie. Vous y trouverez le vocabulaire à utiliser, ainsi qu’une méthodologie d’investigation à appliquer. Je vous invite vivement à lire l’article :

https://www.enzym.fr/actualite/t-comme-time

Evaluation de la situation du patient 

Tel un détective privé, vous mènerez l’enquête, et vous découvrirez de quoi souffre le colonel Moutarde dans la chambre à coucher…. Et ce n’est pas la faute du chandelier. S’il s’agit d’un « Coldcase », remontez loin dans l’histoire de la plaie.

  • Listez ses comorbidités
  • Jetez un œil à ses traitements
  • Evaluez une infection systémique ou locale
  • Déterminez son âge, évaluez d’éventuelles douleurs
  • Repérez une dénutrition, une déshydratation, une obésité
  • Faites le tour de son hygiène de vie

Etablissement de la fiche descriptive de la plaie : listez les observations, triangulez les résultats fiables.

Pour cela, j’ai élaboré une fiche de suivi de plaie hebdomadaire TIME (voire plus bas) mais pour communiquer, il vous faut le transcrire en texte descriptif de chaque étape du TIME, ce qui vous permet de ne rien oublier :

  1. De quels types sont les tissus dévitalisés ou comment est le lit de la plaie ?
  2. Y a-t-il une inflammation ou une infection ?
  3. Quelle est la quantité d’exsudat ?
  4. Comment est la peau périlésionnelle ?

Par exemple : la plaie est fibrineuse, l’exsudat est abondant , légèrement inflammatoire, et la peau périlésionnelle est fragile et eczémateuse, et on a fait le tour du problème en 2 lignes !

Le petit plus : L’élaboration d’un projet de soins.

Affinez votre investigation pour lever l’énigme et trouver le fautif responsable du blocage de cicatrisation en triangulant les résultats obtenus, et proposez une solution pour résoudre l’enquête. A ce niveau, un mur d’enquête est nécessaire, où vous dévaliserez les rayons de post-it et vous relierez les indices à l’aide d’épingles et de fils rouges.

Il ne suffit pas de poser les évaluations, il faut aussi se mouiller et proposer une stratégie thérapeutique, et ouais ! C’est la partie la plus délicate, on remonte ses manches.

Pour la situation globale du patient :

On tente de trouver des solutions , en tout cas d’améliorer la situation, sur ce qu’on peut, et si on ne peut pas le faire seul, on demande à d’autres intervenants, Inutile d’appeler « l’Agence tout risque » le médecin, les auxiliaires de vie, la famille, l’assistante sociale, le kiné, la consultation plaies suffisent… Vous avez besoin des bons partenaires pour avancer, servez vous en !

En local : La logique du fin limier pour résoudre l’enquête et trouver le bon pansement au bon moment.

Une technique qui marche bien consiste à lister vos objectifs en regard de l’évaluation, et de trouver des actions et des moyens pour les atteindre. Par exemple si votre plaie est fibrineuse, l’exsudat est abondant , légèrement inflammatoire, et la peau périlésionnelle est fragile et eczémateuse vous écrirez les objectifs suivants:

« Afin d’améliorer la viabilité du lit de la plaie, réduire la charge bactérienne, absorber l’exsudat et de protéger la peau périlésionnelle, je propose le protocole suivant …. Nom d’une famille de pansement qui correspond à ces objectifs, changement de bandes ou bas, détersion mécanique…. »

Et là, tatataaaaa, ça coule de source, on ne pourra rien vous contester.

Il ne reste plus qu’à faire la prescription, et le pansement !

Diffusion de votre chef d’œuvre :

Il ne reste plus qu’à envoyer en toute discrétion à une maison d’édition au médecin traitant et au spécialiste ou à la consultation plaie. Pour cela, rien de plus simple : la messagerie sécurisée

Vous ne l’avez pas encore ? Pas de panique, rapprochez vous de votre URPS, car toutes les régions ne fonctionnent pas avec les mêmes messageries sécurisées en santé. Une messagerie sécurisée vous permet d’envoyer des mails sécurisés à tous les professionnels de santé et les secrétaires médicaux qui la possèdent également, il suffit d’avoir leur nom et prénom.

Ainsi, votre envoi sera tracé et horodaté, et validera votre travail, puisqu’on ne peut pas effacer des mails envoyés via une messagerie sécurisée. Vous pouvez vérifier en synchrone si le destinataire à lu votre compte rendu.

En conclusion

Le bilan initial de plaie valorisé AMI11 est le point de départ de votre travail, pourtant, il vous faudra évaluer la plaie régulièrement pour adapter le pansement au stade de la plaie. Les autres bilans que vous ferez ne seront pas facturables, vous les faites pourtant pour plein d’autres raisons tout aussi utiles et nécessaires.

Et puis franchement le premier bilan est plus long, mais les autres seront plus rapides

  1. Evaluer la situation globale
  2. Evaluer la plaie selon TIME
  3. Proposer une stratégie thérapeutique
  4. Faites le pansement

Je vous conseille de faire un bilan hebdomadaire sur une fiche descriptive telle que celle ci dessous, ça prend 3 minutes chaque semaine, et justifie la MCI (Majoration pour coordination infirmière).

L'expert que vous êtes saura récolter les informations nécessaires et faire une analyse pour avoir une vision d’ensemble de l’affaire. Une fois cette analyse faite, retranscrivez les résultats avec :

  • Du vocabulaire professionnel
  • Une logique de présentation
  • Des propositions cohérentes

Chaque étape est importante et développe votre proactivité sur la piste du bon pansement au bon moment et de la coordination des soins.

Rejoignez nous en formation « Plaies chroniques, cicatrisation et nouveaux pansements » pour améliorer vos capacités à rédiger des bilans captivants !

Testez l'application développée par Infimax pour générer un bilan Plaie : CICATRISACTION

Géraldine

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