LES PANSEMENTS, LES PLAIES ET LA CICATRISATION : LE CŒUR DE MÉTIER DE L’INFIRMIER LIBÉRAL.

LE PANSEMENT, TOUTE UNE HISTOIRE

On en a fait du chemin depuis l’antiquité !

Et pourtant les grands principes restent les mêmes ! En Egypte ancienne déjà, les plaies étaient lavées à l’eau de mer, puis on appliquait un baume de miel et de graisse pour éviter l’adhérence. C’était les moyens du bord mais la logique était bien là !

Au fil des guerres, les techniques ont évolué, quelques boulettes en passant, faisant parfois plus de victimes que de guérisons. Mais admettons-le, chaque siècle a apporté sa découverte.

L’infirmières de l’entre-deux guerres (c’est forcément une femme) pose les cataplasmes sous les ordres du médecin. Elle est au service de ce dernier, ce qui limite grandement son rôle.

Avec la première guerre mondiale, les infirmières deviennent des héroïnes, le renforcement des règles d’hygiène et la découverte des antibiotiques, ne permettent plus aux médecins d’assumer seuls tous ces nouveaux soins techniques. Ce qu’on va appeler les « soins infirmiers » se développent.

LE RÔLE PROPRE INFIRMIER

Dans les années 70, l’émancipation des femmes ouvrent de nouvelles portes, des réformes sont votées et le métier d’infirmier prend alors une toute nouvelle direction. Le rôle propre fait son apparition au journal officiel en mars 1978.

Qu’est-ce que c’est que le rôle propre ?

Notre décret de compétence explique le rôle propre infirmier dans l’article R. 4311-3 du code de la santé public « compétence pour prendre les initiatives et accomplir les soins qu’il juge nécessaires » dans certains cas seulement, en soins généraux et en santé mentale, articles R. 4311-5 et R. 4311-6 de ce même décret.

En clair, les soins sur rôle propre sont les soins que nous pouvons réaliser sans demander l’accord du médecin, sans ordonnance ni protocole. La liste de ces soins est bien réglementée et la surveillance et la réalisation de pansements en fait partie.

Mais le statut des infirmiers reste ambigu, avec d’une part un rôle propre spécifique, et d’autre part une autonomie professionnelle très peu marquée dans la pratique.

En effet vous intervenez sur ordonnance médicale, le médecin prescripteur vous confie alors le patient, dans un esprit multidisciplinaire soit, mais qui reste très encadré.

LE RÔLE PROPRE ET DROIT DE PRESCRIPTION DES PANSEMENTS : UNE VALORISATION DE NOTRE PROFESSION.

Le cas du rôle propre dans la réalisation des pansements et la prise en charge des plaies chroniques ou aigues, ne mentionne pas clairement d’autonomie ni de rôle décisionnaire c’est pourquoi beaucoup d’infirmiers hésitent à prendre des initiatives et à accomplir des soins qu’ils jugent pourtant nécessaires.

Article R.4311-5 du décret infirmier du 29 juillet 2004 :

« Dans le cadre de son rôle propre, l’infirmier ou l’infirmière accomplit les actes ou dispense les soins suivants visant à identifier les risques et à assurer le confort et la sécurité de la personne et de son environnement et comprenant son information et celle de son entourage :

20° Réalisation, surveillance et renouvellement des pansements non médicamenteux ;

21° Réalisation et surveillance des pansements et des bandages autres que ceux mentionnés à l’article R.4311-7

22° Prévention et soins d’escarres ;

23° Prévention non médicamenteuse des thromboses veineuses ;

24° Soins et surveillance d’ulcères cutanés chroniques ;

Ce rôle propre est récemment appuyé par un droit de prescription ?

En effet, depuis 2007, les infirmiers peuvent prescrire certains dispositifs médicaux définis sur l’Arrêté du 20 mars 2012 fixant la liste des dispositifs médicaux que les infirmiers sont autorisés à prescrire.

Rôle propre, droit de prescription, mais une grande responsabilité également !

Devant ces responsabilités grandissantes, les syndicats infirmiers négocient en 2011, la mise en place de la MCI (Majoration pour coordination infirmière), pour les 8 pansements lourds et complexes (à consulter sur la NGAP) à coter AMI4+MCI

Article 3 : Pansements lourds et complexes nécessitant des conditions d’asepsie rigoureuse

1-Pansement de brûlure étendue ou de plaie chimique ou thermique étendue, sur une surface supérieure à 5 % de la surface corporelle

2-Pansement d’ulcère étendu ou de greffe cutanée, sur une surface supérieure à 60 cm²

3-Pansement d’amputation nécessitant détersion, épluchage et régularisation

4-Pansement de fistule digestive

5-Pansements pour perte de substance traumatique ou néoplasique, avec lésions profondes, sous aponévrotiques, musculaires, tendineuses ou osseuses

6-Pansement chirurgical nécessitant un méchage ou une irrigation

7-Pansement d’escarre profonde et étendue atteignant les muscles ou les tendons

8-Pansement chirurgical avec matériel d’ostéosynthèse extériorisé

Tous les autres pansements, sont à coter AMI2 (on ne parle pas ici des pansements de Voies veineuses centrales)

Les ablations de fils ou d’agrafes à partir de 11, sont à coter AMI4 (pas de MCI)

De cette autonomie, beaucoup d’infirmiers voient la nécessité de se lancer dans un DU Plaies et cicatrisation qui certes, ne donne pas droit à une spécialité, mais qui valide les compétences en plaies et cicatrisation et valorise de notre profession.

Une fois ce diplôme acquis, la réactualisation des connaissances reste indispensable. C’est aussi l’occasion de partager ses pratiques avec ses collègues d’avancer dans sa pratique de soins, de continuer à apprendre, dans une dynamique d’évolution constante des pratiques.

LA COMPÉTENCE INFIRMIÈRE

Oui parce que vous avez amplement les compétences, confrontés chaque jour aux plaies de vos patients, des photos « dégueues » pleins vos smartphones pour alimenter votre dossier de soins infirmiers (A télécharger ici)

Les pansements sont également un temps particulier à prendre avec vos patients, c’est un moment où l’on s’arrête, un soin souvent « statique » où l’on prend le temps de discuter.

C’est aussi un partage pluridisciplinaire qui favorise le travail en équipe : médecin, podologue, endocrinologue, chirurgien, médecin traitant, radiologue, diététicien, kiné….

En tout cas, vous avons un rôle pivot dans cette prise en charge, où vous pouvez aujourd’hui prendre des décisions pour la bonne cicatrisation des plaies, tant aigues que chroniques.

Ces acquis légaux, sont encore à conforter tout au long de votre carrière.

Enzym vous accompagne dans cette démarche de qualité et d’autonomie. Vous pourrez à travers nos formations « Plaies et cicatrisation » et « Nomenclature », mettre à jour vos compétences et vous assurer de la bonne valorisation de celles-ci par une juste cotation.

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